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Novembre et décembre 2013

La Veille recense l'information ainsi que les documents consacrés à l'équité salariale au Québec, ailleurs au Canada et, lorsque l'information s'y prête, à l'international. La Veille a également comme champs d'intérêt l'égalité salariale et d'autres sujets jugés pertinents tels l'étude de la relation d'emploi et la rémunération. Toutefois, elle ne prétend pas faire une recension exhaustive de l'information. Le contenu de la Veille est le résultat de choix effectués par l'équipe de rédaction.

Divisée en trois sections (« Équité salariale », « Égalité hommes-femmes sur le marché du travail » et « Autres sujets »), vous y trouverez donc des résumés analytiques ainsi que des suggestions de lectures additionnelles. Le fait de diffuser cette information ne signifie nullement que la Commission de l'équité salariale en approuve ou non le contenu : son rôle se limite à la faire connaître.


Le présent bulletin couvre la période du 1er novembre et 31 décembre 2013.

Si vous avez des commentaires ou des questions, n'hésitez pas à communiquer avec nous au : veille.strategique@ces.gouv.qc.ca.


SOMMAIRE

 

1. ÉQUITÉ SALARIALE

Au Québec

 

Ailleurs au Canada

 

2. ÉGALITÉ HOMMES-FEMMES SUR LE MARCHÉ DU TRAVAIL

Au Québec

 

Ailleurs au Canada

 

 

Ailleurs dans le monde

 

AMÉRIQUE DU NORD

EUROPE

 

3. AUTRES SUJETS

Au Québec

 

Ailleurs dans le monde

AMÉRIQUE DU NORD


1. ÉQUITÉ SALARIALE

Au Québec

La Commission de l'équité salariale sur les médias sociaux

Les dernières semaines ont été marquées par l'arrivée de la Commission de l'équité salariale sur les médias sociaux. En effet, depuis le 1er octobre, nous possédons notre compte Twitter et depuis le 6 novembre, notre chaîne YouTube.


Notre compte Twitter vous permet de suivre toutes les actualités de la Commission : événements, outils et services, renseignements et rappels importants sur la Loi sur l'équité salariale et plus encore!


Sur notre chaîne YouTube, vous pouvez visionner toutes les capsules vidéo produites par la Commission de l'équité salariale. Celles-ci traitent de plusieurs sujets, tels que le concept d'équité salariale, la discrimination systémique fondée sur le sexe, l'affichage des résultats d'un exercice d'équité salariale, la Déclaration de l'employeur en matière d'équité salariale, etc.

Restez à l'affût des dernières nouvelles sur l'équité salariale en nous suivant sur les médias sociaux :

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Nomination de nouveaux membres au Comité consultatif des partenaires

La ministre du Travail, madame Agnès Maltais, a nommé les membres du Comité consultatif des partenaires de la Commission de l'équité salariale par l'arrêté ministériel 2013-002 en date du 17 octobre 2013.

Les nouveaux membres sont :
Madame Karen Harnois, Centrale des syndicats du Québec (CSQ)
Madame Esther Déom, Département des relations industrielles, Université Laval
Madame Danielle Hébert, Conseil d'intervention pour l'accès des femmes au travail (CIAFT)
Monsieur Léopold Turgeon, Conseil québécois du commerce de détail (CQCD)
Madame Denise Perron, Groupe AEQUITAS

Les membres dont les mandats ont été renouvelés sont :
Monsieur François Vincent, Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI)
Madame Louise Béchamp, Fasken Martineau Dumoulin
Monsieur Michel Turner, Métro inc.
Madame Judith Caroll, Confédération des syndicats nationaux (CSN)
Madame Carole Gingras, Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ)

Pour consulter la page concernant le Comité consultatif des partenaires.

 

Ailleurs au Canada

POURQUOI LES FEMMES GAGNENT-ELLES MOINS QUE LES HOMMES? Synthèse de connaissances tirées de microdonnées canadiennes

Le Réseau canadien des Centres de données de recherche (RCCDR) publie sur son site sa plus récente synthèse des microdonnées d'enquêtes canadiennes portant sur les écarts salariaux entre les hommes et les femmes. Réalisée par la consultante Carole Vincent, « […] cette synthèse examine quatre hypothèses souvent avancées pour expliquer les écarts salariaux entre les hommes et les femmes ». Ces hypothèses sont les suivantes :

  • Les femmes sont surreprésentées dans les professions et les métiers moins bien payés.
  • Les femmes attachent plus d'importance aux attributs non pécuniaires de leur emploi.
  • Les responsabilités familiales plus lourdes des femmes les amènent à rechercher des emplois qui leur permettent de mieux équilibrer travail et vie personnelle.
  • Les stéréotypes de genres en milieu de travail tendent à récompenser un modèle de travail qui correspond davantage à celui des hommes.

En plus d'évaluer le bien-fondé de ces hypothèses, l'auteure cherche à mieux comprendre comment les écarts salariaux ont évolué et subsisté au Canada.


Faits saillants :

  • « Les écarts de salaires entre les hommes et les femmes se sont atténués au cours des dernières décennies, mais ils demeurent importants encore aujourd'hui, même parmi les jeunes générations plus scolarisées. »
  • « Moins du tiers des écarts de salaires peut s'expliquer par les différences entre les hommes et les femmes quant à leurs caractéristiques productives, par exemple le niveau de scolarité atteint, le métier ou la profession exercés, le nombre d'années d'expérience accumulées, le nombre d'heures travaillées ou le secteur d'activité où ils et elles travaillent. »
  • « Les choix éducationnels et professionnels des femmes, en particulier le fait qu'elles sont peu présentes dans certains métiers et professions, est le facteur explicatif le plus important des écarts salariaux.
  • « L'hypothèse voulant que les femmes soient davantage intéressées que les hommes par les aspects non pécuniaires d'un emploi bénéficie d'un certain soutien empirique. Mais la contribution de ce facteur aux écarts salariaux est relativement faible comparée à la portion des écarts imputables aux choix éducatifs et professionnels. »
  • « Les femmes qui ont des enfants gagnent moins que les femmes qui n'en ont pas. Cette “pénalité du bébé” demeure même quand on prend en compte le fait que la productivité des mères et leur capital humain pourraient être affectés par les interruptions dans leur carrière due à une grossesse ou par les conflits qu'elles vivent entre leurs responsabilités familiales et professionnelles. »
  • « Il est difficile de documenter l'existence de préjugés et de stéréotypes de genres en milieu de travail et surtout de cerner leur rôle dans les inégalités salariales au moyen d'analyses statistiques, mais des indications suggèrent qu'ils pourraient jouer un rôle dans certains milieux, comme les secteurs traditionnellement masculins ou ceux qui offrent des occasions d'occuper un emploi atypique. »
  • « Les jeunes femmes portent souvent un jugement défavorable sur leur propre capacité de remplir les exigences scolaires ou professionnelles requises pour réussir dans un emploi donné. Il est donc important que les interventions visant à diversifier les intérêts vocationnels des filles soient conçues de sorte à renforcer leur confiance en leur efficacité en leur permettant de faire des expériences concrètes qui leur donnent l'occasion de constater qu'elles ont les compétences nécessaires. »
  • « Puisque les responsabilités des femmes envers les enfants semblent influer à plus long terme sur le revenu des mères, il serait aussi important d'encourager un meilleur partage de ces responsabilités au sein des couples et une plus grande implication des pères. »
  • « Au milieu des années 1970, moins de la moitié des femmes canadiennes de 25 à 54 ans étaient présentes sur le marché du travail; aujourd'hui, cette proportion s'élève à plus de 75 pour cent. »
  • « Il y a 20 ans, le pourcentage des femmes de 25 à 54 ans ayant fait des études postsecondaires était inférieur à celui des hommes; aujourd'hui, la situation est inversée. »
  • « […] en 1988, le salaire horaire moyen des femmes qui travaillaient à temps plein au Canada représentait 76 pour cent de celui des hommes ; ce ratio est passé à 83 pour cent en 2008, puis à 87 pour cent en 2011. Chez les plus jeunes, le ratio a atteint 90 pour cent en 2008. L'écart entre les gains horaires des hommes et des femmes est passé de 24,3 cents en 1988 à 18,9 cents en 1998 puis 16,7 cents en 2008. C'est à l'extrémité inférieure de la distribution des revenus que la diminution a été la plus importante (de presque 12 cents) et à l'extrémité supérieure qu'elle a été la moins importante (de moins de 7 cents). »
  • « […] la partie expliquée des écarts salariaux est relativement faible alors que la partie inexpliquée […] est substantielle – elle augmente même à mesure que les écarts salariaux s'atténuent au fil des ans, passant de 62 pour cent en 1987 à un sommet de 92 pour cent en 2007.»

 

Autres sources en lien avec l'équité salariale :

BERGERON, Isabelle. « Les femmes n'ont toujours pas le salaire qu'elles méritent », Coup de Pouce, [en ligne],

2 octobre 2013.

FORTIER, Francis. « 11 novembre : jour du souvenir de l'inégalité salariale », Journal de  Montréal, [en ligne],

1er novembre 2013.

RÉDACTION DU JOURNAL MÉTRO. « Encore du chemin à faire pour l'équité salariale », Métro, [en ligne],

4 décembre 2013.

Autre section

2. ÉGALITÉ HOMMES-FEMMES SUR LE MARCHÉ DU TRAVAIL

Au Québec


PROGRAMMEUSES MISES EN VEILLE

Le 11 octobre dernier, La Gazette des femmes a mis en ligne un article de Marie-Hélène Verville concernant la situation des femmes québécoises dans le domaine de l'informatique. Bien que l'industrie de l'informatique soit en pleine effervescence et que les offres d'emplois soient nombreuses, les femmes n'y représentaient que 18,3 % des diplômés universitaire en 2011. Pourtant, en 1988, ce taux s'élevait à 30,2 %. L'auteure tente d'identifier les raisons de ce déclin en se basant, entre autres, sur l'expertise de femmes établies dans ce domaine.


Faits saillants :

  • Selon Claire Villeneuve, qui a fait carrière dans le domaine des technologies de l'information et des télécommunications depuis plus de 20 ans, « Il existe un préjugé tenace comme quoi nous serions tous des “techs” à lunettes qui pitonnent seuls devant leur ordinateur. On me disait sans cesse que je n'avais pas l'air “de ça”. Et je crois que cela explique en partie pourquoi peu de femmes choisissent l'informatique. Quelle adolescente a envie d'être associée à cette image? » Elle ajoute que durant ses études en 1982, l'informatique était un métier nouveau ni traditionnellement masculin ou féminin, qui attirait ceux ayant envie de « […] faire partie de la vague ».
  • À l'époque où les ordinateurs en étaient à leur tout premier début dans les milieux de travail, ce sont majoritairement des femmes qui les opéraient. Selon Stéphane Couture, chercheur postdoctoral en communications à l'Université McGill, nous avons assisté au fil du temps à l'effacement des femmes du discours médiatique en informatique. Selon ce dernier, « Lorsque cette activité est devenue plus prestigieuse, les hommes les ont remplacées ».
  • L'accès à la technologie serait restreint pour les femmes et cela commence tôt. Une étude américaine a d'ailleurs démontré que les parents dépenseront en moyenne quatre fois plus d'argent dans des jouets liés à la technologie pour un garçon que pour une fille ».
  • « Dans la communauté du logiciel libre, c'est souvent dans le travail de facilitation et de communication, jugé moins important que celui des codeurs, que se trouvent les femmes », explique Christina Haralanova doctorante en communications à l'Université Concordia.
  • « Selon une étude de la Harvard Business School publiée en 2008, plus de la moitié des femmes désertent l'industrie en milieu de carrière. » Ce problème de rétention pourrait être associé au manque de flexibilité dans les heures de travail.
  • « Selon les plus récentes statistiques du CTIC [Conseil des technologies de l'information et des communications], l'écart entre les salaires des hommes et des femmes en informatique est de 10 %; il était de 20 % il y a cinq ans […]. »
  • L'informatique, particulièrement dans le domaine des jeux vidéo, connait une expansion très importante au Québec. Dans ce contexte, selon les propos recueillis par l'auteure, « […] la main-d'œuvre féminine deviendra incontournable ».


Ailleurs au Canada

L'écart entre les sexes dans le domaine des sciences à l'université

Le 9 octobre dernier, la journaliste Harriet Eisenkraft publiait un article pour University Affairs/Affaires universitaires à propos de l'écart entre les sexes dans le domaine des sciences, de la technologie, du génie et des mathématiques.


Faits saillants :

  • Selon un rapport de 2012 du Conseil des académies canadiennes (CAC), 20 % des postes de professeurs titulaires sont occupés par des femmes. Seulement 9 % des professeurs titulaires en sciences, en génie et en mathématiques sont des femmes.
  • Le rapport du CAC fait suite aux résultats de l'appel de candidature du Programme des chaires d'excellence en recherche du Canada (CERC) en 2008. Parmi les 19 candidatures féminines proposées, aucune ne fut retenue.
  • En 2003, un groupe de femmes universitaire déposèrent une plainte à la Commission canadienne des droits de la personne à propos de la faible représentation féminine à l'issue d'un concours pour un programme de recherche financé des Chaires de recherche du Canada.
  • Le rapport du CAC stipule que les principaux facteurs pouvant expliquer la faible présence des femmes dans le domaine scientifique universitaire seraient les pratiques biaisées lors de l'embauche et de la promotion ainsi que la difficulté de concilier travail et famille. Le rapport met également de l'avant diverses solutions telles que l'assouplissement des congés de maternité et parentaux ou encore la révision des méthodes d'embauche afin d'atténuer les difficultés auxquelles les femmes du domaine universitaire scientifique font face.
  • Selon Valerie Davidson, professeure à la faculté de génie de l'Université de Guelph et membre expert du comité du CAC, « les réseaux de haut niveau, parfois non officiels, sont encore composés d'hommes qui nomment à ces postes des gens qui leur ressemblent ».
  • Selon Samantha Brennan, professeure à l'Université Western, le faible nombre de femmes dans le domaine scientifique s'expliquerait par un ensemble de préjugés ayant une incidence sur le parcours de ces dernières. Brennan souligne que ces préjugés s'opèrent surtout lorsque la sélection du candidat doit se faire rapidement et que de meilleurs choix en termes de sélection peuvent être faits pour éviter cela.

 

Ailleurs dans le monde

AMéRIQUE DU NORD

DU study: Women hold less than 20 % of leadership roles; earn less than men (États-Unis)

Le Denver Business Journal a publié en ligne cet article de la journaliste Heather Draper, qui relate les résultats d'une étude de l'Université de Denver. Cette dernière, basée sur l'analyse de 500 organisations réparties dans 14 secteurs, a démontré « […] que les femmes détenaient moins de 20 % des positions de leadership à travers un large éventail d'industries et qu'elles gagnaient moins que leurs homologues masculins ». [traduction]


Faits saillants :

  • Dans le secteur académique, « […] les femmes remportent 55.9 % des prix de recherche les plus prestigieux malgré le fait qu'elles ne détiennent que 29.1 % des postes menant vers une permanence ». [traduction]
  • Dans le secteur des arts et du divertissement, « […] les femmes sont les auteures de 60 % des livres à succès, mais n'ont récolté que 27 % des revenus ». [traduction]
  • Bien que les femmes représentent 46.7 % des diplômés d'écoles de droit, seulement 15 % des partenaires financiers et 5 % des partenaires de gestion sont des femmes dans les cabinets d'avocats.
  • Dans le secteur des organismes à but non lucratif, les directrices générales reçoivent en moyenne 80 % du salaire de leurs homologues masculins.
  • Lynn Gangone, doyenne du Colorado Women's College de l'Université de Denver, a déclaré que l'étude suggère, entre autres, que « […] dans les plus hauts niveaux de leadership, les femmes restent souvent sous-représentées et sous-payées, indépendamment de leur performance ». [traduction] Elle estime que l'évaluation de la performance de chaque personne salariée, individuellement et sans tenir compte du sexe ou de la race, serait une grande avancée pour la diversité au travail.

More Women Working Today than Ever Before, According to Analysis of October Employment Data (États-Unis)

Dans un communiqué de presse publié en ligne le 8 novembre, l'Institute for Women's Policy Research (IWPR) annonce que, selon leur analyse des statistiques du Bureau of Labor Statistics de novembre, le nombre total de femmes en emploi a dépassé le sommet de mars 2008 aux États-Unis. Les femmes auraient ainsi récupéré tous les emplois perdus durant la récession, alors que les hommes n'en auraient recouvré que 73 %.

Néanmoins, le taux de participation actuel au marché du travail est plus bas qu'il ne l'était avant la récession, tant pour les femmes que pour les hommes. En effet, le nombre d'emplois n'a pas augmenté aussi rapidement que la population active depuis le début de la récession.


« Des 204,000 emplois ajoutés au total dans les registres de paie non agricoles en octobre, les femmes en ont obtenu 90,000 (44 %) alors que les hommes ont obtenu 114,000 emplois (56 %). » [traduction] En octobre, la création d'emplois occupés par des femmes a été particulièrement forte dans les secteurs du loisir et de l'hospitalité (32,000), dans le commerce de détail (24,000) et dans les services professionnels et d'affaires (24,000).


« Les données d'octobre s'appuient sur l'analyse par l'IWPR des tendances qui sont ressorties au cours des quatre années de la reprise, notamment la forte croissance dans les industries – comme l'éducation et les services de santé – avec des concentrations élevées de travailleurs féminins, et de l'impact significatif de la contraction des emplois gouvernementaux sur la croissance de l'emploi à la fois pour les hommes et les femmes. » [traduction]

Getting the Competitive EDGE with Gender Certification (États-Unis)
Il est possible de consulter, sur le blogue de l'émission To the Contrary de la chaîne américaine PBS, un article de Megan Beyer daté du 6 novembre qui traite du nouvel outil de certification en égalité des sexes : le Economic Dividends for Gender Equality Certification ou plus simplement, EDGE Certification. Celui-ci a été créé par le EDGE Certification Foundation Board et constitue un sceau de certification qui « mesure et s'assure que les hommes et les femmes sont payés de façon égalitaire ». [traduction]

L'outil EDGE évalue l'égalité professionnelle des compagnies grâce à cinq différents domaines d'analyse : les processus de recrutement et de promotion, le développement et le leadership, l'offre de travail flexible, la culture corporative et le respect de l'égalité salariale.


En outre, Beyer souligne les bénéfices qu'apportent l'égalité entre les hommes et les femmes dans les différentes entreprises : rentabilité accrue, meilleure rétention et utilisation du talent féminin. De plus, la certification des entreprises signale à la clientèle, aux chercheurs d'emplois et aux investisseurs potentiels que la compagnie intègre et diffuse l'idée que l'égalité entre les sexes se traduit en succès d'affaires.


Mentionnons que les compagnies suisses IKEA et Deloitte sont parmi les premières multinationales à avoir complété leur processus de certification EDGE. Selon une partenaire de cette dernière entreprise, Sarah Kane, « Le processus de certification EDGE et ses observations sont une étape critique pour que les organisations comprennent ce qui retient les femmes et offrent une feuille de route permettant d'atteindre une meilleure performance et une organisation plus diversifiée ». [traduction]


EUROPE

La parité homme/femme n'est toujours pas de mise dans les entreprises du CAC 40 (France)

Le 9 octobre dernier, le journal L'Expansion publiait un article du journaliste Toby Melville sur l'étude du cabinet de conseil en recrutement Russel Reynolds Associates, portant sur la place des femmes au sein des conseils d'administration et des comités exécutifs de la Cotation Assistée en Continu (CAC 40) et de la Société des Bourses Françaises (SBF 120).


Faits saillants :

  • En 2012, une étude publiée dans L'express-Emploi dénonçait la « place trop faible » des femmes au sein des postes stratégiques des entreprises CAC 40.
  • Le CAC 40 et le SBF 120 ont accordé davantage de place aux femmes dans leur conseil d'administration alors que, dans les comités exécutifs, elles ne représenteraient que 8 % des membres au CAC 40 et 10 % au SFB 120.
  • Selon l'étude, 48 % des nouveaux administrateurs au CAC 40 en 2013 étaient des femmes, contrairement à 39 % en 2012. Au SFB 120, ce pourcentage s'élève à 53 % en 2013 contre 46 % en 2012.
  • Parmi les membres féminins des comités exécutifs, seulement 25 % d'entre elles occupent un poste opérationnel, soit 2 % de l'ensemble total.
  • Depuis 2010, une loi stipule que les entreprises se doivent d'identifier les inégalités hommes/femmes et de poser des gestes afin de les réduire. À ce titre, deux entreprises se sont vues imposer des amendes pour ne pas avoir respecté l'égalité des salaires.

L'administration fédérale respecte l'égalité salariale (Suisse)

Le 9 octobre dernier, le journal suisse Le Matin publiait en ligne un article portant sur une enquête réalisée par l'Office fédéral du personnel à propos du salaire des hommes et des femmes travaillant pour l'état.

Faits saillants :

  • Le Bureau fédéral de l'égalité entre les femmes et les hommes a développé un logiciel (Logib) permettant de calculer « […] l'influence sur le salaire de la formation, de l'expérience professionnelle et du niveau des exigences de la fonction. Il indique aussi s'il y a une discrimination selon le sexe. »
  • Entre 2012 et 2013, les salaires de 36 000 personnes salariées ont été analysés. Les résultats obtenus permettraient de conclure que l'égalité salariale est respectée au sein de l'administration fédérale.Cette enquête s'inscrit dans le cadre d'une convention signée visant le contrôle des salaires dans l'administration fédérale suisse et l'élimination de possible discrimination fondée sur le sexe jusqu'en 2014.
  • Selon l'Office fédéral de la statistique (OFS), les femmes gagnent en moyenne 18,4 % de moins que leurs homologues masculins dans la population générale. Selon l'OFS, « Si une partie de l'écart salarial peut s'expliquer par l'ancienneté ou le secteur d'activité, 37,6 % de la différence est due uniquement à la discrimination […]. »
  • Le Conseil fédéral a indiqué que le rapport sur l'égalité entre femmes et hommes serait remis annuellement au Parlement, alors qu'auparavant il était déposé tous les quatre ans.

L'entreprise versus les femmes (France)

Le 11 novembre dernier, les journalistes Nicolas Desroches et Jocelyne Remy signent cet article pour le quotidien français Le Journal de Saône et Loire. Leur constat est que : « En milieu professionnel, l'égalité est loin d'être acquise, que ce soit en statut, en salaire ou en nombre… ». Les auteurs exposent d'ailleurs les efforts de plusieurs organisations qui travaillent à changer ce bilan.


Faits saillants :

  • « [...] si 56 % des filles font des études supérieures, elles ne sont que 12 % à occuper des postes à responsabilité. »
  • « En France, le premier salaire annuel des jeunes diplômées est de 2 000 € [environ 2 820 $] inférieur à celui de leurs camarades masculins, et elles sont moins nombreuses que les garçons à bénéficier d'un CDI [contrat à durée indéterminée]. Les femmes gagnent en moyenne 27 % de moins que les hommes toutes professions confondues. »
  • « [...] les femmes occupent massivement les postes à temps partiel (à 80 %) et sont concentrées sur des secteurs d'activité ciblés (éducation, social, santé). Par exemple, en Bourgogne, 9 familles professionnelles (sur 84) regroupent 80 % de l'emploi féminin. »
  • L'association Femme égalité Emploi, qui s'emploie à faire progresser l'égalité professionnelle entre les sexes en Bourgogne, a observé que certaines entreprises n'agissent que par obligation dans ce domaine, alors que d'autres le font par conviction.
  • L'association Polytechnicum, qui agit en matière d'équité professionnelle, tente de briser le fameux plafond de verre, ce seuil au-delà duquel la majorité des carrières féminines stagne, tant au niveau du salaire qu'au niveau des responsabilités. Cette association tente également de lutter contre les stéréotypes, tout comme le Fonds de garantie initiative des femmes, qui permet de consolider un projet féminin de création en cours, ou la Maison de l'emploi du bassin dijonnais, « qui vise à mettre en place des temps partiels complémentaires – éventuellement dans des secteurs d'activité différents – pour les femmes qui le désirent ».
  • Les créatrices d'entreprise commenceraient plus petit que leurs homologues masculins, possiblement par manque de confiance en soi ou par auto censure. C'est une situation que l'association Ifore Bourgogne tente de corriger en organisant des formations sur l'entrepreneuriat au féminin.

Journée internationale des hommes - L'IEFH a reçu 32 plaintes d'hommes en 2012 dans le domaine du travail (Belgique)

À l'occasion de la Journée internationale des hommes, le quotidien belge La Dernière Heure a publié en ligne, le 18 novembre dernier, un article consacré à l'annonce de l'Institut pour l'égalité des femmes et des hommes concernant la discrimination dont sont aussi victimes les hommes. Cet organisme veut rappeler que les stéréotypes liés au sexe affectent aussi les hommes. « Dans les métiers connotés comme étant “féminins”, les hommes se voient régulièrement refuser un poste en raison de leur sexe. Ainsi en 2012, l'Institut a reçu 32 plaintes d'hommes dans le domaine du travail. »


L'Institut a également souligné qu'un nombre croissant d'hommes désirent s'investir dans la sphère familiale, mais qu'ils se heurtent à des discriminations lorsqu'ils tentent, par exemple, de prendre leur congé de paternité ou parental. « Dans une étude de 2011, l'Institut avait constaté que 10,8 % des répondants avaient rencontré des problèmes au travail lors de la demande ou de la prise de leur congé de paternité. » L'article rappelle également que les hommes aussi sont victime de violence, bien que moins fréquemment que les femmes, mais que seulement 9,8 % des victimes (contre 13,9 % pour les femmes) osent porter plainte.

Autres sources en lien avec l'égalité sur le marché du travail :

AAUW (THE AMERICAN ASSOCIATION OF UNIVERSITY WOMEN). Get Ready to “Celebrate” Equal Pay Day , [en ligne], 19 novembre 2013.

BOURSIER.COM. « Salaires : de faibles augmentations depuis 1995... », [en ligne], 15 novembre 2013.

BUREAU OF LABOR STATISTICS. « Women's earnings, 1979–2012 », The Editor's Desk, [en ligne], 4 novembre 2013.

CHABOT, Louise. « La longue recherche d'égalité entre hommes et femmes », Le Huffington Post Québec, [en ligne], 16 novembre 2013.

LANGUIN, Irène. « Faut-il amender les entreprises qui ne pratiquent pas l'égalité salariale ? », Tribune de Genève, [en ligne], 11 décembre 2013.

LYLES, Latifa. « Women of Color: An Economic Snapshot », The Official Blog of the U.S. Department of Labor, [en ligne],16 novembre 2013.

SCHIAPPA, Marlène. « Égalité des sexes : les hommes en seraient aussi bénéficiaires, la preuve par 5 », Le Plus du Nouvel Observateur, [en ligne], 17 novembre 2013.

STATISTIQUE CANADA. « Statistiques du revenu d'emploi en 2010 (7), sexe (3), travail en 2010 (3), plus haut certificat, diplôme ou grade (6) et profession - Classification nationale des professions (693) pour la population âgée de 15 ans et plus dans les ménages privés du Canada, provinces et territoires », Enquête nationale auprès des ménages de 2011, [en ligne], 24 juillet 2013.

STATISTIQUE CANADA. « Tranches de revenu en 2010 (27), sexe (3) et groupes d'âge (5) pour les personnes hors famille économique âgées de 15 ans et plus dans les ménages privés du Canada, provinces, territoires, régions métropolitaines de recensement et agglomérations de recensement, Enquête nationale auprès des ménages de 2011 », Enquête nationale auprès des ménages de 2011, [en ligne], 27 juillet 2013.

UNION SYNDICALE-SOLIDAIRES. L'égalité professionnelle en 8 questions, [en ligne], 27 septembre 2013.

Autre section

3. AUTRES SUJETS

Au Québec

Née pour porter des diamants

Le 18 novembre dernier, le journal La Presse publiait un article de Marie Allard traitant de la différenciation sexuée dans les vêtements pour enfants et de son influence sur le renforcement des stéréotypes sexuels.


Faits saillants :

  • Si la décennie des années 80 s'est démarquée par sa critique des stéréotypes traditionnels et par le développement d'un courant unisexe, les évolutions récentes en matière de mode pour enfants laissent présager un recul. En effet, les nouvelles stratégies de marketing ont renforcé le clivage entre les deux sexes. L'avantage de cette segmentation : faire vendre davantage.
  • « Loin d'être exceptionnels, les habits marqués par une différenciation sexuée “occupent une part importante du marché du vêtement pour enfants”, observe Sabrina Sinigaglia-Amadio, sociologue à l'Université Paul Verlaine de Metz, en France. »
  • Un exemple : un t-shirt mauve vendu l'été dernier chez Children's Place sur lequel on peut lire « Mes matières préférées : magasinage, musique, danse et maths ». Toutes les activités sont cochées sauf les mathématiques.
  • « Les vêtements font partie des détails du quotidien qui participent de la construction sociale de l'identité des individus […]. Ces détails, cumulés aux autres (films, clips musicaux, publicités, littérature, manuels scolaires, jouets, etc.) contribuent à la construction de mondes sociaux où filles et garçons, femmes et hommes s'opposent. En ce sens, ils ne favorisent pas l'émergence d'une société égalitaire entre les  sexes.»

 

Ailleurs dans le monde

The Global Gender Gap Report 2013

Le Rapport mondial sur l'écart entre les genres 2013 est une publication annuelle réalisée par le Forum économique mondial. Dans cette 8e édition, l'organisme examine la situation de 133 pays, représentant plus de 93 % de la population mondiale et la façon dont les ressources et les opportunités sont réparties entre les sexes dans quatre secteurs clés : la santé et la survie, le niveau d'études, la participation à la vie politique et l'égalité économique.

« Les résultats recensés correspondent au pourcentage comblé dans l'écart existant entre les hommes et les femmes. […] Parmi les 14 variables à la base de l'indice, 13 sont tirées de données publiées par des organisations internationales telles que le Bureau international du Travail, du Programme des Nations Unies pour le développement ou l'Organisation mondiale de la Santé. »


Faits saillants :

  • Au niveau mondial, l'écart entre les hommes et les femmes s'est légèrement rétréci en 2013 grâce à certaines améliorations ponctuelles sur le plan de l'égalité économique et de la participation à la vie politique. En effet, parmi les 136 pays déjà étudiés en 2012, 86 ont réussi à améliorer leur situation en 2013.
  • L'Islande enregistre le plus petit écart entre les genres, suivi de la Finlande, la Norvège et la Suède. L'Allemagne est en tête des pays du G20 avec la 14e place, bien qu'elle ait reculé d'une place par rapport à 2012.
  • En 2013, le Canada occupe le 20e rang. À titre comparatif, il occupait le 21e rang en 2012 et le 14e en 2006, le meilleur classement obtenu jusqu'ici. Globalement, il n'a comblé que 74 % de l'écart entre les femmes et les hommes. Le Canada se classe premier en ce qui a trait à l'égalité dans le secteur de l'éducation avec un indice de 93,4 % de l'écart comblé, 9e avec 79,6 % pour ce qui est de l'égalité économique, 42e avec 19,6 % pour la participation à la prise de décisions politiques et économiques et 49e avec 97,8 % pour la santé et la survie.
  • « Sur le plan mondial, le Rapport constate qu'en 2013, 96 % de l'écart concernant la santé et la survie des sexes ont pu être comblés. C'est le seul des quatre secteurs dont l'écart s'était creusé depuis le lancement du Rapport en 2006. En termes d'éducation, l'écart mondial se situe à 93 %, 25 pays ayant totalement comblé l'écart. L'écart en termes d'égalité économique et participation politique n'est comblé qu'à raison de 60 %. Un certain avancement se fait cependant sentir dans ces domaines, la participation en politique ayant rattrapé près de 2 % au cours de l'année dernière. Dans les pays en développement et dans les pays industrialisés, la présence des femmes aux postes dirigeants de l'économie reste encore limitée, compte tenu du nombre de femmes bénéficiant d'une formation tertiaire. »
  • L'éducation semble être un pilier important qui agit comme accélérateur. Dans les pays où ce type d'investissement fondamental est réalisé, l'intégration des femmes sur le marché du travail constitue l'étape suivante à surmonter.
  • « L'indice révèle l'émergence de quatre grands groupes : le premier groupe est celui dont les pays ont investi dans la santé et l'éducation des femmes et qui en constate les retombées en termes de participation en économie et en politique. Le deuxième groupe comprend les pays qui investissent également dans ces secteurs, sans pour autant exploiter les retombées de ce réservoir de compétences en raison de barrières sociales et institutionnelles. Dans le troisième groupe, on trouve des pays où la parité hommes/femmes souffre encore d'un écart important en termes d'éducation et de santé, empêchant les femmes d'exploiter leur véritable potentiel alors qu'elles jouent un rôle important sur le marché du travail bien que ce soit à des postes faiblement qualifiés. Le dernier groupe inclut les pays où l'écart subsiste sur tous les plans : éducation, rôle économique, participation à la vie politique. »

AMÉRIQUE DU NORD

Study Finds College Women Doubt Their Leadership Potential (États-Unis)

Le 22 octobre dernier, l'American Association of University Women (AAUW) publiait un article faisant suite au rapport de 2013 de la Commission on Youth Voting and Civic Knowledge sur l'engagement des jeunes Américaines. Selon ce rapport, les femmes de niveau collégial n'ont pas le même désir de s'engager politiquement et de représenter leurs communautés que les hommes. De plus, elles seraient moins susceptibles de croire qu'elles possèdent les qualités de leadership, de compétitivité et de compétences sociales nécessaires. « L'étude conclut que ces facteurs pourraient en partie expliquer la stupéfiante sous-représentation des femmes dans les fonctions politiques. Aujourd'hui, les femmes occupent 18 % des sièges au Congrès et seulement 17 % de ceux des mairies municipales. »


Afin de corriger cette situation, l'AAUW collabore au programme Elect-Her—Campus Women Win qui a pour mission d'encourager et de former les étudiantes collégiales à se présenter aux élections étudiantes et autres possibilités. L'organisation en profite pour annoncer qu'en 2013, des formations seront disponibles dans 50 collèges des états-Unis.

 

Autres sources intéressantes :

BOLGER, Andrea E. « Want to Break Through That Boardroom Glass Ceiling? Simple Tips for Women Here », The Huffington Post Business, [en ligne], 18 novembre 2013.

JOURNET, Nicolas. « Pourquoi l'égalité est meilleur pour tous », Sciences Humaines, [en ligne], 18 novembre 2013.

LAROCHELLE, Renée. « Femmes dans le sport: toujours des préjugés », Le Fil, [en ligne], 24 novembre 2013.

SYSYPHE.ORG. PDF Québec est lancé ! - Une voix pour les droits des femmes, [en ligne], 15 novembre 2013.