Archives

Janvier et février 2014

La Veille informationnelle sur l'équité salariale recense l'information ainsi que les documents consacrés à l'équité salariale au Québec, ailleurs au Canada et, lorsque l'information s'y prête, à l'international. La Veille a également comme champs d'intérêt l'égalité salariale et d'autres sujets jugés pertinents tels l'étude de la relation d'emploi et la rémunération. Toutefois, elle ne prétend pas faire une recension exhaustive de l'information. Le contenu de la Veille est le résultat de choix effectués par l'équipe de rédaction.

Divisée en trois sections (« Équité salariale », « Égalité hommes-femmes sur le marché du travail » et « Autres sujets »), vous y trouverez donc des résumés analytiques ainsi que des suggestions de lectures additionnelles. Le fait de diffuser cette information ne signifie nullement que la Commission de l'équité salariale en approuve ou non le contenu : son rôle se limite à la faire connaître.


Le présent bulletin couvre la période du 1er janvier au 28 février 2014.

Si vous avez des commentaires ou des questions, n'hésitez pas à communiquer avec nous au : veille.strategique@ces.gouv.qc.ca.


SOMMAIRE

 

1. ÉQUITÉ SALARIALE

Au Québec

 

Ailleurs au Canada

 

2. ÉGALITÉ HOMMES-FEMMES SUR LE MARCHÉ DU TRAVAIL

Au Québec

 

Ailleurs au Canada

 

 

Ailleurs dans le monde

 
 

AMÉRIQUE DU NORD

 

EUROPE

 

3. AUTRES SUJETS

Au Québec

 

Ailleurs au Canada

 

Ailleurs dans le monde


1. ÉQUITÉ SALARIALE

Au Québec

Mise à jour de la section « Les règles établies par la loi » dans « Réaliser et maintenir l'équité salariale »

La Commission de l'équité salariale a mis à jour la section de son site Web portant sur Les règles établies par la loi dans Réaliser et maintenir l'équité salariale ainsi que la version PDF du Guide détaillé pour réaliser l'équité salariale et en évaluer le maintien.

Les modifications concernent principalement le chapitre 9 sur l'affichage des résultats. En effet, la Commission met à la disposition des employeurs de nouveaux modèles d'affichage où il est possible de saisir de l'information spécifique pour chaque entreprise.

 

Ailleurs au Canada

Fight for pay equity (Ontario)

Le 27 janvier 2013, l'Association des sages-femmes de l'Ontario a publié sur son site Web un communiqué dans lequel elle revendique l'équité salariale pour les sages-femmes. Selon l'organisme, ces dernières ont une rémunération beaucoup moins élevée que leurs homologues masculins occupant des emplois comparables. En effet, dans les efforts de la province pour combler l'écart salarial entre les sexes dans les dernières années, le métier de sage-femme n'aurait pas été évalué adéquatement par rapport à d'autres métiers de la santé avec des qualifications, des responsabilités et des conditions de travail similaires.


Le communiqué souligne l'importance des sages-femmes en Ontario et de leurs services aux mères et aux familles. Il rappelle également que l'iniquité salariale pourrait amener le départ de ces travailleuses, ce qui serait particulièrement désastreux pour le gouvernement ontarien puisque 4 femmes sur 10 désirant obtenir les soins d'une sage-femme n'ont pas accès à ce service.

 

Autres sources en lien avec l'équité salariale :

MILLETTE, Lise. « Les jeunes veulent plus d'équité salariale », Métro, [en ligne], 8 novembre 2013.


2. ÉGALITÉ HOMMES-FEMMES SUR LE MARCHÉ DU TRAVAIL

Au Québec

Les femmes et le marché du travail au Québec : portrait statistique

Le Comité consultatif Femmes en développement de la main-d'œuvre a publié l'étude de l'économiste Ruth Rose, professeure associée à l'Université du Québec à Montréal. Ce comité lui avait donné comme mandat de mettre à jour l'étude du même nom et qui datait de 2005 en présentant « […] un portrait statistique de la situation des femmes québécoises sur le marché du travail, de son évolution au cours des années récentes et de la comparer à celle des hommes, en tenant compte de la diversité de la population féminine ».


Faits saillants :


  • Le taux d'activité des femmes est passé de 45,8 % en 1978 à 74,4 % en 2011 et ne cesse de croître. En comparaison, celui des hommes se situait à 80,3 % en 2011.
  • « Malgré le progrès au niveau de l'activité, le marché du travail demeure profondément ségrégué, surtout au bas et en haut de l'échelle. » En 2005, 59,5 % des femmes occupaient des emplois à prédominance féminine et 18,5 % travaillaient dans des emplois traditionnellement masculins. Les dix principales professions des femmes en 2005 étaient presque les mêmes qu'en 1995. La seule exception concernait les vendeurs et les commis-vendeurs, une profession maintenant mixte. Néanmoins, les postes subalternes et moins rémunérateurs de vendeurs sont principalement occupés par des femmes.
  • « Sur l'écart de 26,5 % demeurant entre les gains annuels des femmes et des hommes [en 2010], environ la moitié est attribuable au fait que les femmes travaillent moins d'heures que les hommes, même quand elles sont à temps plein. »
  • Les différences entre les salaires horaires des femmes et des hommes sont moins importantes que celles entre les salaires annuels. Les femmes travaillant à temps partiel gagnent toutefois en moyenne 10 % de plus que les hommes à temps partiel. Cela s'expliquerait par le fait que ces derniers sont principalement des jeunes.
  • « Chez les femmes détenant un diplôme universitaire, l'écart est de l'ordre de 10 % pour le salaire horaire; il est de 25 % pour celles qui n'ont pas de diplôme d'études secondaires. Les femmes détentrices d'un diplôme d'études secondaires gagnent 17 % de moins que les hommes avec le même niveau de diplôme et pour celles ayant des études postsecondaires non universitaires, l'écart est de 15 % […] Même chez les jeunes ayant obtenu un diplôme depuis un an ou deux sans avoir vécu encore une interruption de carrière, les écarts femmes-hommes de la rémunération hebdomadaire sont de l'ordre de 25 % pour les personnes ayant un diplôme d'études professionnelles de niveau secondaire et de 10 % pour les personnes diplômées de niveau collégial ou de premier ou deuxième cycle universitaire. Il n'y a qu'au niveau du doctorat que l'écart est faible, de 2 %. »
  • « C'est dans les emplois syndiqués et le secteur public qu'on trouve le moins d'écarts entre les salaires des femmes et des hommes […]. Les écarts au niveau de la rémunération horaire moyenne diminuent suivant la taille de l'entreprise, passant de 17 % dans des entreprises employant moins de 20 personnes à 8 % dans celles qui ont plus de 500 employés. Les grandes entreprises sont, bien sûr, plus susceptibles d'être syndiquées. »
  • Les femmes de 25 à 54 ans sont beaucoup plus susceptibles de travailler à temps partiel que les hommes, mais cette tendance est lentement à la baisse depuis les dernières années. En effet, les hommes à temps plein travailleraient moins d'heures qu'avant et moins de femmes se dirigeraient vers le temps partiel.
  • Une augmentation de la participation des hommes aux tâches domestiques a été observée dans les dernières années, mais les femmes continuent à assumer plus de la moitié de toutes les tâches domestiques autres que l'entretien et les réparations.
  • Le plus important progrès est incontestablement l'augmentation du niveau d'éducation des femmes, particulièrement en ce qui a trait aux études supérieures.
  • Le taux d'activité était de 72,7 % pour les femmes immigrantes de 25 à 54 ans en 2006, un taux comparable à celui des femmes autochtones. Celui des hommes immigrants dépassait de 5,7 points le taux d'emploi des femmes non immigrantes.
  • Autant les hommes que les femmes immigrantes étaient plus scolarisés que leurs homologues non immigrés. Par contre, ils seraient beaucoup plus souvent surqualifiés pour le poste occupé et auraient des revenus inférieurs.
  • « Chez les hommes, il y a plus d'écarts entre les immigrants et les non-immigrants que chez les femmes. à l'exception des hommes ayant immigré entre 2001 et 2005, les femmes non immigrantes ont des salaires plus faibles que les hommes immigrants et subissent en outre le désavantage d'être femme. Les femmes immigrantes subissent donc une double discrimination par le fait d'être femme et immigrante, le premier désavantage ayant toutefois un impact plus marqué sur le salaire que le second […] ».
  • « Dans l'ensemble, la situation des minorités visibles est similaire à celle des personnes ayant immigré après 1990. […] Les taux d'activité étaient particulièrement faibles pour les femmes arabes et de l'Asie occidentale (62,8 %). »
  • « Les catégories professionnelles occupées par les femmes appartenant à une minorité visible en 2005 étaient à plus forte prédominance féminine et moins bien rémunérées que celles des immigrantes. »
  • Pour l'ensemble du Canada, les femmes handicapées gagnaient 72 % du revenu annuel des hommes handicapés. Ce ratio se situait à 64,1 % chez les personnes sans incapacité.

Ailleurs au Canada


Bourses accordées aux étudiantes et étudiants inscrits à des programmes de formation non traditionnels

Le 13 décembre 2013, le gouvernement du Nouveau-Brunswick a fait paraître sur son site Web un communiqué concernant la plus récente remise des Bourses égalité femme-homme. Cette bourse, créée en 2006, a été accordée dépuis à 400 étudiantes et étudiants et vise à encourager les femmes et les hommes se lançant dans des professions non traditionnelles. Selon la ministre responsable de l'égalité des femmes, Marie-Claude Blais, l'objectif principal de ce programme est de réduire l'écart salarial provincial en modifiant « […] les attitudes et les croyances sociétales sur le rôle et l'importance des femmes et des hommes dans le milieu de travail ».

Les femmes boudent les disciplines payantes

Le site d'actualités Lapresse.ca a publié, le 7 janvier dernier, un article du journaliste Francis Vailles qui relate les résultats d'une étude portant sur la corrélation entre les écarts salariaux et les choix d'études des femmes. En effet, bien que les femmes réussissent mieux dans leurs études, il semble qu'elles ne touchent pas de meilleurs salaires que les hommes. La principale raison de cette problématique serait que les femmes sont moins portées à se diriger vers des disciplines universitaires liées aux sciences exactes, dont les débouchés sont très payants.

Selon les recherches menées par Statistique Canada, les femmes représentaient 59 % de toutes les personnes diplômées universitaires de 25 à 34 ans en 2011. Par contre, dans la même année, elles n'ont récolté que 39 % de tous les diplômes dans le domaine des sciences, des technologies, du génie, des mathématiques et des sciences informatiques. L'auteur affirme que cette ségrégation est préoccupante du fait que le marché du travail n'accorde pas la même valeur aux professions scientifiques et non scientifiques. « En 2011, le salaire annuel médian des ingénieurs de 25 à 34 ans à temps plein atteignait 65 200 $, contre 52 200 $ pour les professions universitaires non scientifiques. »


Le chercheur responsable de l'étude, Darcy Hango, a voulu vérifier l'existence d'un lien entre le choix de carrière des filles et leur performance en mathématiques. D'emblée, il semble que les étudiants masculins réussissent mieux dans ce domaine dès le secondaire et que les meilleurs sont deux fois plus nombreux à choisir les domaines scientifiques par rapport à leurs homologues féminins. Qui plus est, même les garçons faibles en mathématiques se dirigent davantage vers les domaines scientifiques et ils surpasseraient même en nombre les filles excellant dans cette matière.


Bref, les résultats scolaires ne seraient pas un argument suffisant pour expliquer la plus faible présence des femmes dans les domaines scientifiques. D'autres facteurs comme la discrimination historique envers les femmes et les différences d'attentes relatives au marché du travail influenceraient les écarts entre les hommes et les femmes. Par contre, la sous-représentation des femmes parmi les professions payantes resterait un facteur explicatif important.


Ailleurs dans le monde

U.N. Women launches first database mapping gender provisions in constitutions

Le 17 décembre 2013, le site Web de la Fondation Thomson Reuters a publié cet article de la journaliste Lisa Anderson au sujet de la première base de données mondiale sur les droits des femmes dans les différentes constitutions nationales. Cette nouvelle base de données interactive, conçue par ONU Femmes, sera mise à jour annuellement et donnera accès aux constitutions de 195 pays dans leur langue originale ainsi qu'en anglais. Cet outil permet une vue d'ensemble des principes et des règles concernant l'égalité des sexes et les droits des femmes en plus de permettre la comparaison entre pays.


Les provisions légales sont regroupées en 16 catégories incluant les droits des femmes, la participation politique et la liberté d'association, l'éducation et l'emploi. Pour accéder à la base de données, cliquez ici.

 

AMÉRIQUE DU NORD

Choosing the right major key to narrowing gender pay gap (États-Unis)

Le 13 décembre 2013, le site Web du USA TODAY a publié un article de Jonathan Dame, étudiant senior au Collège de Boston, qui s'intéresse à l'étude des chercheurs Yingyi Ma et Gokhan Savas. Ces derniers ont constaté que l'obtention d'un diplôme dans une institution prestigieuse a un impact positif moins important sur la rémunération future des femmes que sur celle des hommes. Les résultats de l'étude semblent plutôt indiquer que les étudiantes voulant être rémunérées au même taux que leurs homologues masculins devraient porter leur attention sur le choix de leur domaine d'études.


La collecte d'informations s'est faite par l'observation de 2160 femmes et hommes diplômés dans des institutions d'études supérieures pendant quatre ans. En tenant compte des variables individuelles, « […] les chercheurs ont découvert que les hommes et les femmes reçoivent des augmentations de revenus similaires lorsqu'ils se spécialisent dans des domaines lucratifs, tels que les affaires, l'ingénierie et les sciences mathématiques ». [traduction] Les femmes restent sous-représentées dans les secteurs scientifiques et technologiques, ce qui expliquerait une grande partie de l'écart salarial entre les sexes selon Yingyi Ma.


En ce qui concerne l'avantage que reçoivent les hommes qui sont diplômés d'institutions plus sélectives, il en ressort que les hommes issus de milieux favorisés sont plus en mesure de mieux tirer parti du réseautage professionnel et du capital social de ces écoles.


Yingyi Ma et Gokhan Savas ont également constaté que les femmes issues de milieux socio-économiques moins favorisés, spécialisés dans des domaines lucratifs et diplômées de collèges non sélectifs ont pu gagner autant ou plus que les femmes issues de milieux socio-économiques privilégiés, spécialisés dans des domaines non lucratifs et diplômées de collèges sélectifs. « […] le message le plus important [de cette recherche] est que les domaines d'études lucratifs peuvent fournir un important mécanisme pour affaiblir les effets de transitions de l'iniquité intergénérationnelle ». [traduction]


Par ailleurs, comme l'explique Jonathan Dame, ces résultats semblent être en contradiction avec ceux d'une étude de l'Institute for Women's Policy Research d'avril 2013 qui démontrent que « […] les femmes gagnent moins que les hommes dans presque toutes les occupations – incluant celles dominées par les hommes ». [traduction]

Job Flexibility Seen as Key to Equal Pay (États-Unis)

Le 4 janvier 2014, le quotidien The Wall Street Journal a publié sur son site Web un article de la journaliste Brenda Cronin dans lequel elle résume les recherches de Claudia Goldin sur les écarts salariaux entre les sexes. Cette dernière, professeure à l'université Harvard et présidente de l'American Economic Association, considère que la meilleure façon de combler ces écarts réside dans la restructuration des emplois plutôt que par la réglementation gouvernementale.

Faits saillants :


  • Le salaire annuel médian des hommes travaillant à temps plein aux États-Unis était de 49,40 $ en 2013 alors que celui des femmes était de 37,80 $.
  • Goldin affirme que des changements visant une plus grande flexibilité dans les heures de travail et une restructuration des emplois sont déjà entamés dans certains secteurs comme les sciences et la technologie.
  • Le partage des responsabilités en équipes de travail serait une méthode intéressante pour amener plus de flexibilité au travail puisque cela diminuerait l'impact de l'absence d'un travailleur.
  • Goldin a remarqué que les écarts de rémunération sont différents en fonction de l'emploi analysé : « Les professions caractérisées par des contraintes de temps importantes et nécessitant des contacts étroits et réguliers avec une clientèle [...] affichent des écarts salariaux plus importants que celles qui ne le sont pas [...] ». [traduction]
  • Puisque les femmes s'absentent le plus souvent pour des raisons familiales, Goldin affirme que leur donner l'opportunité de continuer à travailler grâce à un horaire plus flexible aiderait grandement à combler les écarts salariaux entre les sexes.

EUROPE

L'évolution des inégalités de salaires entre hommes et femmes (France)

Le 21 novembre dernier, l'Observatoire des inégalités publiait sur son site Web un article à propos de l'évolution des inégalités de salaires entre les hommes et les femmes en France.

Faits saillants :

  • Dans les années 1950, une femme travaillant à temps plein gagnait en moyenne les deux tiers du salaire d'un homme.
  • Jusqu'en 1998, l'écart salarial entre les hommes et les femmes s'est réduit graduellement pour atteindre la barre des 20 %.
  • Entre 1998 et 2004, on remarque une stagnation de cet écart pour ensuite constater une hausse modeste du salaire féminin qui correspond dorénavant à 82,4 % du salaire masculin moyen en 2010.
  • Selon l'Observatoire des inégalités, ce rattrapage recensé en 2010 peut être tributaire à deux facteurs : une présence marquée des femmes sur le marché du travail et une scolarisation accrue de ces dernières.
  • La stagnation observée entre 1998 et 2004 peut s'expliquer par le « plafond de verre ». Cet obstacle se compose de plusieurs éléments : la concentration des femmes dans des emplois du secteur des services peu qualifiés, une discrimination lors de l'embauche pour des postes de haute direction, des considérations différentes quant au travail ou encore la difficulté de concilier travail et famille.
  • Selon l'Observatoire, il est encore trop tôt pour se prononcer à savoir si ce rattrapage constituera un mouvement de fond ou une augmentation passagère.

La mixité à l'embauche : une réelle avancée vers l'égalité hommes-femmes ? (France)

Le 18 novembre 2013, le site Web EducPros.fr a publié un article de la journaliste Pauline Capmas-Delarue qui nous résume les résultats d'une étude du Centre d'études et de recherches sur les qualifications (Céreq) sur la discrimination entre les sexes à l'embauche. Cette étude révèle que la diversité recherchée par les entreprises s'appuie sur les différences stéréotypées entre les hommes et les femmes, plutôt que de les mettre sur un même pied d'égalité.


Faits saillants :

  • Les recruteurs indiquent que certaines qualités seraient typiquement féminines : « […] les femmes seraient de bonnes pédagogues, douées pour la négociation et posséderaient un sens naturel de l'organisation, ce qui en font d'excellents managers – un discours que l'on retrouve aussi dans les manuels de management ».
  • « Si les femmes sont parfois recherchées pour leurs "compétences féminines", cela témoigne précisément d'une discrimination effective, puisque le genre entre en jeu dans le choix du recrutement. »
  • « L'étude qualitative conduite par le Céreq dans le cadre du projet Evade révèle que, sur 30 recruteurs, seuls deux estiment que le sexe des candidats n'a eu aucune influence sur le choix de la personne embauchée. Le risque pourrait être alors un renforcement de l'idée qu'il y aurait des "métiers d'hommes" et des "métiers de femmes". »
  • « [...] certains stéréotypes évoluent – tout en demeurant stéréotypes. D'autres persistent, à commencer par celui des contraintes familiales que le statut de femme semble suggérer. »

La répartition des hommes et des femmes par métiers (France)

Le 13 décembre 2013, le ministère français du Travail, de l'Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social publiait sur son site Web un communiqué de presse indiquant que la ségrégation professionnelle est à la baisse depuis 30 ans en France. Dans ce texte, la ségrégation professionnelle est définie par « la mesure d'une distance entre les répartitions des hommes et des femmes selon les métiers ».

Faits saillants :

  • Le taux d'emploi des femmes en âge de travailler a continuellement augmenté en 30 ans alors que celui des hommes a diminué pendant la même période.
  • Bien que les femmes soient moins concentrées qu'auparavant dans un nombre restreint de professions traditionnellement féminines, il n'en demeure pas moins qu'aujourd'hui la moitié d'entre elles sont essentiellement dans une dizaine de métiers. Cette ségrégation professionnelle est moins forte chez les hommes : « […] en 2011, 10 métiers concentraient 47 % de l'emploi des femmes (53 % en 1983), alors que les 10 métiers concentrant le plus d'hommes n'en employaient que 31 % (35 % en 1983) ».
  • Parmi les emplois majoritairement occupés par des femmes, mentionnons les métiers d'aides à domicile, d'assistantes maternelles, d'agents d'entretien ou d'enseignants.
  • La prédominance sexuelle des emplois a fréquemment changé au cours des dernières années. Par exemple, les cadres administratifs, comptables et financiers étaient des métiers à tendance masculine il y a 30 ans, mais sont devenus mixtes, et des emplois mixtes sont devenus masculins (agriculteurs) ou féminins (techniciens de la banque et des assurances). Pour déterminer la prédominance sexuelle d'un emploi, le Ministère a comparé le nombre de femmes exerçant ladite profession à la moyenne des femmes pour l'ensemble des métiers.
  • L'indice de dissimilarité de Duncan et Duncan permet de mesurer la ségrégation professionnelle. « Il s'établit en 2011 à 52, ce qui signifie que pour aboutir à une répartition égalitaire des femmes et des hommes dans les différents métiers, il faudrait qu'au minimum 52 % des femmes (ou alternativement 52 % des hommes) changent de métier. »
  • Les métiers d'aide à la personne, d'aide à la santé, de conducteurs de véhicules et d'ouvriers qualifiés seraient ceux qui contribuent le plus à la ségrégation professionnelle.
  • « La ségrégation entre les femmes et les hommes est plus importante pour les jeunes, les titulaires de CAP-BEP [certificat d'aptitude professionnelle - brevet d'études professionnelles], les parents de trois enfants ou plus et les personnes de nationalité étrangère. Elle est également plus forte en province qu'en Ile-de-France, dans le secteur privé que dans le secteur public. »
  • De 1983 à 2011, la ségrégation est restée la plus faible pour les personnes en emploi qui avaient une éducation supérieure à un baccalauréat et deux années d'études supplémentaires. C'est aussi pour cette catégorie que l'indice de ségrégation a le plus diminué en 30 ans.
  • Bien que la répartition sexuelle en emploi soit moins égalitaire chez les personnes de nationalité étrangère, l'indice de ségrégation a davantage diminué pour cette catégorie que chez les personnes de nationalité française.

 

Autres sources en lien avec l'égalité sur le marché du travail :

COMMISSION DES DROITS DE LA PERSONNE ET DES DROITS DE LA JEUNESSE. L'égalité homme-femme, [en ligne], 17 octobre 2013.

JURITRAVAIL.COM. Les femmes, toujours moins bien payées que les hommes, [en ligne], 5 novembre 2013.

MARSTON, Ama. « Are women in the West being left behind on leadership? », The Guardian, [en ligne], 23 octobre 2013.

RADIO-CANADA.CA. « État de la situation au Québec en matière d'égalité hommes-femmes », Pas de midi sans info, [émission de radio en ligne], 14 octobre 2013.

WASCOWISKI, Mylène. « Comment la génération Y perçoit-elle l'égalité homme-femme ? », Marie Claire, [en ligne], 17 octobre 2013.

Autre section

3. AUTRES SUJETS

Au Québec

Le travail atypique a supplanté le travail permanent à temps plein
Le 12 novembre dernier, Youri Chassin, économiste à l'Institut économique de Montréal, publiait un article dans le Huffington Post à propos de la montée du travail atypique depuis les années 2000.

Faits saillants :

  • Depuis les années 2000, divers rapports produits, entre autres par le Ministère du Travail du Québec, démontrent une transformation du marché du travail en raison de la montée du travail atypique.
  • Selon Youri Chassin, ce qu'on qualifiait autrefois d'emploi atypique est devenu désormais la norme sur le marché du travail.
  • Bien qu'on associe généralement certains inconvénients aux emplois atypiques (précarité, insécurité et déqualification), l'auteur souligne qu'il s'agit d'une préférence pour une majorité de personnes salariées. Cependant, pour certaines, ce choix n'est pas volontaire.
  • Parmi les raisons qui pourraient expliquer la préférence des personnes salariées pour un emploi atypique (temps partiel ou contrat à durée déterminée), on retrouve le désir de concilier travail et famille ou encore la possibilité d'une retraite progressive.
  • Pour Chassin, les tentatives de réglementation de l'emploi atypique seraient illusoires puisqu'elles contribueraient paradoxalement à rendre « […] leur embauche plus complexe ou plus du tout intéressante ».
  • L'auteur affirme que les agences de placement, bien qu'on relève certains cas d'abus, agissent comme un tremplin pour la main-d'œuvre inactive, en chômage ou immigrante souhaitant se trouver un emploi.
  • Une étude de Statistiques Canada datant de 2004 a démontré que 60 % des personnes sans emploi en 1999, qui en ont obtenu un au cours des deux années suivantes, avaient d'abord occupé un emploi atypique.
  • Selon une étude néerlandaise, corroborée par une autre étude italienne, les personnes occupant un emploi temporaire ont plus de chance d'occuper par la suite un emploi permanent à un salaire plus élevé.

Selon une étude, la pression incitant les élèves à se conformer aux stéréotypes sexuels est plus forte dans les écoles pour filles

Le 12 décembre 2013, le site Web ameqenligne.com publiait un article de chercheurs de l'Université Concordia à propos de leur récente étude sur les stéréotypes sexuels dans les écoles non mixtes. Cette dernière a été réalisée en Colombie où l'on trouve un grand nombre d'écoles non mixtes et une tendance traditionnelle au machisme qui a permis « […] d'établir une différence plus marquée entre les sexes ».


Contrairement à d'autres publications annonçant les avantages des écoles non mixtes pour les filles – incluant un nombre plus élevé d'étudiantes se tournant vers des matières traditionnellement masculines – cette étude a constaté que ces bénéfices ne sont pas uniformément ressentis. Des 469 écolières préadolescentes interviewées, celles appartenant à des écoles non mixtes disaient ressentir plus de pression à adhérer à une identité sexuelle « typiquement » féminine.


Kate Drury, candidate au doctorat à l'Université Concordia et principale auteure de l'étude, explique qu'il existe une corrélation entre les caractéristiques typiquement féminines d'une écolière et son risque de victimisation par ses pairs; phénomène qui n'existe que dans les écoles non mixtes. William Bukowski, professeur de psychologie et directeur du Centre de recherche en développement humain à cette même université, a supervisé l'étude. Il explique que « Les répercussions négatives résultant d'une non-conformité aux stéréotypes sexuels sont plus importantes dans les écoles pour filles ».

Partage des tâches : où en sommes-nous?

Le 31 janvier dernier, le magazine Coup de pouce publiait sur son site Web un article des auteures Danielle Verville et Isabelle Bergeron à propos de l'évolution du partage des tâches domestiques entre les hommes et les femmes. Cet article se base sur un sondage effectué auprès de 200 québécoises.

Faits saillants :

  • Les tâches les plus souvent imparties aux femmes ont trait aux enfants, aux activités sociales ou à l'entretien ménager. Les tâches effectuées majoritairement par les hommes concernent l'entretien de l'habitation ou de l'automobile. En ce qui concerne l'achat de la nourriture, la préparation des repas ainsi que conduire ou aller chercher les enfants à l'école ou à la garderie, ces activités sont effectuées dans un ratio frôlant le paritarisme.
  • Questionnées sur l'équité de la répartition des tâches, 30 % des femmes ont répondu que le partage est équitable, 30 % ont affirmé « […] qu'elles en font plus que leur conjoint, mais que c'est correct ainsi » et seulement 4,5 % des répondantes ont déclaré en faire moins que leur conjoint. D'ailleurs, 35 % d'entre elles disent qu'il s'agit d'un sujet de dispute au sein de leur couple.
  • À la question « De quelle façon le partage des tâches s'est-il établi dans votre relation? », les femmes ont répondu, par ordre d'importance : « Ça s'est fait naturellement au fil du temps » (63 %), « Le partage des tâches n'est pas encore bien établi dans notre couple » (20 %), « Après plusieurs chicanes, un certain partage a fini par se faire » (13 %) et « On a discuté longuement pour trouver la bonne façon de partager les tâches » (3 %).
  • Selon l'Institut de la statistique du Québec, les femmes consacraient en moyenne 4 heures quotidiennement aux tâches ménagères en 1992 contre 2,1 heures pour les hommes. En 2010, ces nombres étaient de 3,7 heures pour les femmes et 2,5 heures pour les hommes.
  • Selon des données de l'Institut national d'études démographiques datant de 2009, les femmes résidant en France accompliraient 80 % des tâches ménagères, « […] bien qu'on note une certaine amélioration chez la jeune génération ».

Le niveau de scolarité des femmes en progression au Québec, tant à l'université qu'au niveau professionnel

Le 12 février dernier, l'Institut de la statistique du Québec publiait un communiqué de presse sur son site Web à propos de la progression du niveau de scolarité des femmes dans la province. Les chiffres présentés découlent de l'Enquête sur la population active produite par Statistique Canada.

Faits saillants :

  • « Depuis le tournant des années 2000, les Québécoises de 25 à 64 ans sont proportionnellement plus nombreuses que leurs homologues masculins à avoir fait des études de niveau universitaire. »
  • En 2012, 32 % des femmes étaient détentrices d'un diplôme de grade universitaire contre 27 % pour leurs homologues masculins.
  • 12 % des Québécoises n'ont pas minimalement un diplôme d'études secondaires par rapport à 15 % des hommes. « Bien qu'elles demeurent sous-représentées parmi les diplômés du secteur professionnel, le pourcentage de femmes ayant atteint ce niveau de scolarité a tout de même progressé de 7 % à 15 % entre 1990 et 2012. »
  • Montréal est la région administrative qui compterait le plus de diplômés universitaires (47 %) suivi de Laval (38 %) et Québec (34 %).
  • La Gaspésie-îles-de-la-Madeleine, la Côte-Nord et le Nord-du-Québec, le Centre-du-Québec ainsi que l'Abitibi-Témiscamingue sont les régions où le pourcentage de personnes non diplômées est le plus élevé (22 à 25 %).

 

Ailleurs au Canada

Étude : Les avantages à long terme sur le marché du travail associés au diplôme terminal d'études secondaires, 1991 à 2010

Le 23 janvier, Statistique Canada a publié en ligne les résultats de son étude portant sur les avantages à long terme de l'obtention d'un diplôme d'études secondaires et son impact sur la rémunération future. En observant un groupe d'hommes et de femmes sur une période de 20 ans, il a été constaté que « […] les hommes qui avaient terminé leurs études secondaires en 1991 ont gagné 206 000 $ de plus durant cette période de 20 ans que les hommes qui n'avaient pas de diplôme d'études secondaires. Chez les femmes, la différence de revenu entre ces deux groupes était de 161 000 $ ».


Les hommes ayant obtenu un diplôme terminal d'études secondaires et n'ayant pas continué leurs études ont gagné 776 000 $ au cours des 20 ans, comparativement à 424 000 $ pour les femmes. Les hommes n'ayant pas terminé leurs études secondaires, quant à eux, ont gagné 570 000 $. Les femmes du même groupe avaient atteint des revenus de 263 000 $.


D'autres avantages pour les détenteurs d'un diplôme d'études secondaires ont été démontrés : ceux-ci ont passé plus de temps sur le marché du travail, ils occupaient des postes davantage syndiqués et ils ont participé plus longtemps à un régime de retraite offert par un employeur. En contrepartie, les hommes sans diplôme avaient plus de chance de subir une mise à pied supplémentaire dans la période de 20 ans par rapport aux hommes ayant terminé leurs études secondaires. Cette différence n'a pas été décelée chez les femmes.

 

Ailleurs dans le monde

5 Surprising Facts about US Student Performance on International Test

L'American Association of University Women (AAUW) a publié, le 4 décembre dernier, un article portant sur les résultats du Programme international pour le suivi des acquis des élèves 2012 de l'Organisation de coopération et de développement économiques. Cette étude évalue et compare les compétences d'élèves de 15 ans provenant de 65 pays. L'AAUW a relevé quelques faits intéressants contredisant certains stéréotypes en ce qui concerne les matières traditionnellement associées aux hommes.


Faits saillants :

  • Les écarts de performance entre les garçons et les filles varient selon le pays et la matière.
  • Alors que les filles ont eu de meilleurs résultats en lecture dans l'ensemble des pays participants, l'avantage dans les mathématiques et les sciences peut aussi bien appartenir aux filles qu'aux garçons. Aux états-Unis, la performance dans les sciences a été semblable entre les sexes; une preuve comme quoi l'idée stéréotypée que les filles ne sont pas bonnes en sciences est erronée.
  • Les différences de résultats sont souvent plus importantes parmi les filles et parmi les garçons qu'entre les deux sexes.
  • Les états-Unis se situent dans la moyenne du classement par pays, mais certains étudiants américains ont aussi bien réussi que les étudiants de certains des pays les plus performants du programme.
  • Parmi les 65 pays participants à l'étude, les élèves de Shanghai, en Chine, ont obtenu les plus hauts résultats en mathématiques, en sciences et en lecture. La différence entre les étudiants de famille à faible revenu et à revenu élevé fut de 83 points, alors qu'aux états-Unis, celle-ci s'élevait à 114 points. Ces résultats démontrent que les classements internationaux ne font pas ressortir l'accès inégal à l'éducation au sein d'un même pays.

 

Autres sources intéressantes :

DYMOND, Jon. « Instead of blaming women we must find better ways to tackle diversity », The Guardian, [en ligne], 18 octobre 2013.

EISENKRAFT, Harriet. « L'écart entre les sexes dans le domaine des sciences à l'université », University Affairs/Affaires universitaires, [en ligne], 9 octobre 2013.

MAZARS. Relations homme/femme : Qu'en pensent les hommes?, [en ligne], 17 octobre 2013.

MOSS-RACUSIN, Corinne A. et al. « Science faculty's subtle gender biases favor male students », Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America, [en ligne], 9 octobre 2012.

RAVEAU, Gilles. « L'inégalité professionnelle commence à la crèche », L'économie politique, [en ligne], 7 novembre 2013.

WOMEN IN VIEW. « Women in View on screen 2013 » , [PDF], 25 octobre 2013.